top of page

Ô amour, ma Cruelle

Heureux celui des hommes qui se trouve, fortuit,
Dans l’ombre galante d’une femme à minuit.
A cet instant fragile qui nous rend misérable,
Pour qui, à son service, songeant d’être aimable,
Des frissons langoureux aux pressions affables,
Aux terrifiants appels du souffle qui s’emballe…

​

S’arrête ! Se tourne ! Repoussant l’amitié,
Suppliant à genoux de ne point la toucher !
En panique, se cachant, elle vous impose un mal
Au delà de son sein, qui vous rendit si pâle…

​

En pardon, rétractant, l’ardeur stupéfaite,
Vous êtes demandant ce qui la défaite.
Sa réponse contre vous n’a point à étonner,
Et songeant cet instant, vous êtes bien peiné…

​

Tandis qu’une autre fois, une autre fois encore,
Elle vous rejoue le coup ! S’écriant milles morts !
Quelle ne s’arrête pas ! Qu’elle ne s’arrête plus !
Comment pouvoir croire qu’une violence crue
Puisse dix, quinze fois vous tirer ses larmes,
Faire de vous un bretteur sans armes,
Alors que par douceur, vous preniez garde
A ne point choquer dans un combat qui tarde ?

​

Une nouvelle raison se forme à l’esprit,
Qui, d’un fécond raccord, se proclame les fruits…
Elle vous ment ! La garce ! De ses plans insensibles
Vous menait du bâton : technique infaillible !

​

De raison inconnue, ce triste événement
S’abat contre vous, vous attriste et pourtant…
Y songeant, la course des idées au galop
Transporte dans la tête, le bruit de ses sabots.
" Cette fureur ne peut-elle cesser ?
Cette douleur ne peut-elle m’aimer ? "
Trop tard ! Contraint des yeux, je resterai d’elle
Son esclave attendrie, Ô amour, ma cruelle….

​

Dorian Clair | 2012-01

Ô amour, ma cruelle.jpg
bottom of page